Cahier N°7
« Les politiques linguistiques » - actes des 15e et 16e Rencontres (Paris, janvier 1995 – Montpellier, septembre 1995)
Les Rencontres de l’année 1995, à Paris puis à Montpellier, étaient consacrées aux « Politiques linguistiques ». Consciente de leur enjeu, l’ASDIFLE avait déjà abordé le thème, de manière indirecte, dès 1992 (voir notre sélection des Cahiers n° 4, « L’Europe et les langues » dans cette même rubrique).Deux articles ont été sélectionnés dans les Cahiers n° 7. Deux articles de poids, déterminants et qui n’ont guère pris de rides en quinze ans.
Une fois encore, Louis Porcher montre le juste chemin. Ses analyses pertinentes et profondes sont toujours aussi convaincantes et nous interrogent sur le (maigre ?) chemin parcouru. Ses « orientations » d’alors sont à reprendre, à approfondir tant par les décideurs que par les praticiens. Il ne s’agit pas d’être toujours sur la défensive linguistique mais de brasser largement langues et cultures afin que les unes et les autres trouvent leur plus juste place. . « Que l’on joue Molière à San Francisco – remarque-t-il – et en langue anglaise, contribue au développement de la politique linguistique française, même si c’est de façon indirecte ». La marchandisation des biens culturels y est abordée sans détours et le vaste tour d’horizon politique, économique et social développé aboutit à ce qu’il souhaite pour le linguistique et le didactique. Il n’est pas exclu que le second article ne froisse encore certaines susceptibilités universitaires. Doit-on (peut-on) « vendre » du français ? Le demanderait-on pour l’anglais ? Dans son « à propos du marché des langues », Éric Delamotte répond finement à cette interrogation et dresse un panorama de la singularité du marché, en montre la structure, évoque les rapports économiques et sociaux que ce marché développe. Une étude qui devrait intéresser encore aujourd’hui les acteurs enseignants de la didactique des langues car les partenaires éditeurs y sont attentifs depuis longtemps et se sont sentis souvent bien seuls, voire coupables de l’afficher.
