Le pacte de communic’action : une élaboration
Actes du colloque « Cultures d’enseignement / cultures d’apprentissage », 17-18 Février 2005
L’objectif de cet article est de proposer une réflexion et des outils pour l’analyse des phénomènes de contact, dans la classe de langue, entre culture d’enseignement et culture d’apprentissage, à travers les personnes que sont enseignants et apprenants. La réflexion s’appuiera sur une approche historique, puis actuelle, des interactions de et dans la classe, et des représentations qui les sous-tendent. On montrera alors qu’il vaut mieux élaborer contractuellement ces relations de vie et de travail dans un pacte de « communic’action » plutôt que les laisser se (re)produire, parfois au détriment des apprentissages.
À partir de là, seront proposés des outils, fondés sur le questionnement préalable à l’analyse, pour une meilleure connaissance des acteurs et des déterminants de la classe. Un exemple d’analyse s’organisera autour de quelques moments-clés du temps passés en commun dans la classe, parmi lesquels figurent : le premier cours, l’excuse pour cause de retard, le rendu d’évaluation. Ces moments sont l’expression d’une relation et d’un certain rapport à l’apprentissage, au savoir, à l’enseignement. Si leur évolution historique est vraisemblable, elle n’empêche pas que des représentations anciennes survivent en nous tous dans les actes quotidiens d’apprentissage et d’enseignement. Il faut donc nous en préoccuper car les cultures d’enseignement et d’apprentissage sont ancrées dans ces représentations. C’est pourquoi nous allons ouvrir le propos avec la brève traversée historique de l’enseignement / apprentissage annoncée, à travers quelques-uns de ses mots-clés. Ceux-ci font émerger une opposition traversant les deux champs lexicaux de l’enseignement et de l’apprentissage : d’une part une formation constituant l’élève en acteur de ses apprentissages et son activité distincte de celle du maître, d’autre part une formation constituant l’élève en calque du maître et son activité de même. Ensuite seront précisées les caractéristiques de chaque modèle : le premier (l’élève acteur) se déploie historiquement et se justifie dans une société stable ; le second (l’élève calque du maître) paraît plus protecteur face aux changements et incertitudes multiples. Étonnant, non ? Peut-être avons-nous justement des représentations immédiates totalement contraires en tête… D’où la question : et nous, comment nous situons-nous ? Aux partenaires que sont désormais enseignants et apprenants, il est demandé un retour critique sur les conceptions anciennes et plus précisément leurs représentations au plan individuel et collectif. Cela pour mieux se repérer par rapport aux deux grands modèles qui répondent à des besoins humains fondamentaux : nous avons besoin d’activité autonome et nous avons besoin de sécurité. Comment nous débrouillons-nous pour y parvenir ? À cette question, tout enseignant a à répondre ; et si possible, tout apprenant. Dans ces conditions, pourquoi ne pas en parler? Le pacte de communic’action peut répondre à ces exigences tout en servant de trame à la formation. Après l’approche diachronique et synchronique, nous allons donc voir comment passer ce pacte de communic’action en classe de langue, à travers quelques propositions et illustrations dans les moments-clés évoqués ci-dessus.
